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Dans son livre Rester debout, un an après son passage à tabac par des policiers français Blancs, le producteur Michel Zecler rompt le silence.

Michel  Zecler aujourd'hui : oublier le traumatisme

Combien de coup de matraque sur la tête pour un Français Noir qui a oublié de porter son masque à Paris ? 50, 80 ou 100 coups de matraque sur la caboche ?

La Loi française ne s’est malheureusement pas penchée sur cette question hautement stratégique pour les gardiens de la Loi. En plus, ils ont la tête dure, les Noirs ! Alors quatre braves policiers français bien Blancs ont trouvé la solution.

Ils ont vu le 21 novembre 2020, en plein Paris, un Nègre, un vrai, basané barbu, sortir de sa voiture sans masque, dans le quartier du 17 eme arrondissement. Le Nègre est tout de suite entré dans un immeuble. Suspect, tout ça ! Leur sang n’a fait qu’un tour : Ah, le macaque ! Il croit échapper aux Policiers-La Vertu, détenteurs du monopole de la violence légitime de l’Etat… et tutti quanti ?

Les quatre policiers – en tout cas ils avaient des uniformes de l'Etat, des armes létales et des matraques des Policiers qui sont là pour « protéger les populations » - forcent la porte et le poursuivent dans l’entrée de l’immeuble. Ils le coincent à trois. On n'est jamais assez prudent face à ces "délinquants d'immigrés". Puis ce sont des coups, des cris, des hurlements, des pleurs… Un authentique passage à tabac. Voulaient-ils l’achever vraiment sur le coup ?

Toujours est-il que le producteur de musique originaire de Martinique Michel Zeclerc – c’est de lui qu’il s’agit - va vivre un sale quart d’heure, cauchemardesque. Un quart d’heure de martyr. Un quart d’heure horribilis ! Trois des flics le cognent avec leurs matraques - outils éprouvés de protection de la population - et avec une hargne qui correspond au sort qu'on doit réserver à cette race… La séance de torture va durer une bonne vingtaine de minutes jusqu’à ce que le quatrième policier s’affole et balance carrément une grenade… lacrymo.

Le producteur Noir sera bien entendu embarqué par les flics et hop une bonne garde-à-vue (GAV) toute la nuit (c'est gratuit et ça fait du bien à des policiers colériques bourrés d'ego) avec procès–verbal à l'appui pour avoir « insulté » et violenté les policiers, pour rébellion » et tutti quanti. La chanson habituelle, quoi ! La parole des policiers étant forcément insoupçonnable, Michel Zecler va passer la nuit au cachot. Ca lui apprendra à… ! 

Manque de pot, la merveilleuse séance de tabassage du Negro a été (bien) filmée par une caméra de protection que les mâtons futés n’ont pas vue. La vidéo est passée en boucle d’abord sur les réseaux sociaux puis sur les chaînes de télévision. La France entière s’aperçoit que ces policiers vertueux ont menti effrontément (comme toujours) sur bien des points et ont fait preuve d’une brutalité et d’une violence bestiales à l’égard d’un citoyen totalement innocent qui ne leur résistait absolument pas. La loi ne prévoit pas la torture gratuite en cas de non-respect du port du masque. Alors pourquoi une telle barbarie ?

De nombreux coups de matraque et coups de poings sur la tête et le visage de leur victime ! On serait condamné à moins si on tape ainsi sur son chien ou un cheval ! Comment des policiers apparemment normaux peuvent en arriver là ? Racisme systémique ? Vengeance anti-citoyens ? Et en plus ils font ce qu’on appelle  du « faux en écritures publiques » en racontant des bobards dans leur procès-verbal ?

"J'ai vécu tout ça. Un certain nombre de gens ont vu ces images-là. Ce n'est pas évident à porter. Il faut que ça serve à quelque chose (...) C'est pour cela que j'ai écrit », dit le producteur. On se souvient que Frédéric Veaux, directeur général de la Police en 2020 avait commenté ce comportement d'agents de Police en ces termes : "Ce sont des comportements de délinquants : pénétrer de force chez des gens, se livrer à de tels actes de violence... C'est avant tout une question d'éthique, de valeurs, de déontologie. J'ai été scandalisé, comme l'ensemble des policiers de ce pays (...) Vous pouvez faire confiance à la Police nationale pour que ces événements soient traités avec la plus extrême sévérité une fois les responsabilités établies". Don't acte. Dans cet entretien, Frédéric Veaux indique également qu'en 2020, exactement 39 policiers ont été exclus de la Police nationale contre 34 en 2019. "Ces chiffres tordent le cou à la rumeur d'une police laxiste envers les siens" estime l'ancien préfet. D'après lui l'émotion légitime qu'a suscitée l'affaire Michel Zecler, entraîne certainement "des amalgames et des provocations" dans les territoires "où la présence de la police n'est pas souhaitée".

C’est ce traumatisme à vie que Michel Zeclerc raconte dans un livre qu’il vient de faire paraître aux Editions  Plon. Dans cet ouvrage qu’il a écrit pour témoigner, Michel Zecler semble apaisé. Il ne garde aucun ressentiment à l’égard de la Police française. Simplement, il veut témoigner. En souvenir aussi des victimes de ce type de policiers violents. Et surtout de ceux qui y ont laissé la vie, morts dans un simple controle d'identité. Comme son ami Claude Jean-Pierre, dit Klodo, retraité de 67 ans, contrôlé à Deshaies (Martinique) le même jour que lui par des deux gendarmes français Blancs et qui est décédé un mois plus tard à l'hôpital, victime des coups violents reçus dans cette ce contrôle très « mouvementé » ? A ce jour, la Justice n’a pas fait la lumière sur cette mort.

Le livre de Michel Zecler est là pour « ancrer dans le sol la vérité », dit-il,même s’il évoque, au début, son enfance en Martinique et ses débuts en France. Afin de donner la vraie version de sa vie que d’aucuns – suivez mon regard – ont tenté de salir… Comme toujours dans ces cas-là. 

Martin Nguema Biyoghe, Rédacteur en Chef Adjoint.

 

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