Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
 Mediatop1 Chroniques de Noël Ngabissio

Mediatop1 Chroniques de Noël Ngabissio

Noël NGABISSIO, journaliste indépendant, analyse et commente l'actualité politique et économique française, africaine et internationale

Partager cet article

Repost 0

Burundi, vers une nouvelle guerre civile... L'escalade de la violence et de l'insécurité est engagée

Chroniques de Noël N. Ngabissio (Mediatop1) — Politique Africaine

Fortes turbulences en vue dans la Région des Grands Lacs

Réélu fin juillet à la Présidence de la République, Pierre NKURUNZIZA a effectué un véritable coup de force pour un troisième mandat à la tête du pays, défiant ses opposants, l'Union africaine et la Communauté internationale.
Ce nouveau quinquennat est dénoncé vigoureusement par l'opposition qui le considère tout simplement comme anticonstitutionnel.
Décryptage d'une nouvelle guerre civile annoncée.

Pierre NKURUNZIZA est donc entré dans " son " troisième mandat " présidentiel, malgré les manifestations populaires qui ont marqué et sa déclaration de candidature et les élections présidentielles qui se sont déroulées fin juillet avec une précipitation inquiétante. L'homme a fait preuve d'une arrogance particulière, envoyant ses policiers et militaires dans la rue ainsi que les milices armées de son parti pour chasser les manifestants au prix de plusieurs morts par armes à feu.Les Burundais, étonnés et inquiets, s'attendent à vivre des jours très difficiles. Pour le moins.Ancien chef de guerre de la rebellion CNDD-FDD, adulé dans son camp durant cette véritable guerre civile d'il y a dix ans, le Président Nkurunziza compte sur sa solide armée d'anciens rebelles aguerris et prêts pour tenir face à l'hostilité de la population. Mais l'opposition - notamment les anciens officiers putshistes du 13 mai dernier - est en voie de radicalisation et montre les dents.Elle semble prête àla confrontation, à l'escalade de la violence.Ainsi le régime qui n'entend pas revenir sur la question du troisième mandat tout comme l'opposition qui refuse catégoriquement d'admettre le fait accompli - qu'elle considère comme un coup de force et une violation flagrante des Accords d'Arusha et de la constitution limitant à deux le nombre de mandats consécutifs (indépendamment du mode d'élection : au suffrage indirect ou universel) pour un président de la République - redoutent une nouvelle guerre civile à relents tribalistes (Hutus etTutsis). Ce qui est le cas du pays frère voisin, le Rwanda, où le schéma social est exactement le même et qui regarde avec inquiétude réelle cettte nouvelle source d'instabilité dans la région des Grands Lacs. Le cadre d'une confrontation semble donc tout tracé. Le pire n'est jamais certain, dit-on.Mais des turbulences sérieuses s'annoncent dans le ciel du Burundi.

Les premiers événements sanglants sont déjà survenus.
Deux évenements graves se sont produit les 02 et 03 août, quatre jours seulement après cette élection contestée.

D'abord le dimanche 02 Août dans la matinée vers 11 heures, le général Adolphe Nshimirimana, ancien chef d’état-major de l’ex-rébellion CNDD-FDD et l'un des hommes forts du régime dont il était le Numéro 2, a été assassiné à Bujumbura, la capitale, dans une attaque à la roquette lancée contre sa voiture. L'opération, très professionnelle, ne laissait aucune chance à cet officier considéré comme l'un des piliers du régime.
Le coup, signé d'une main professionnelle, était imparable. «Les rebelles se sont infiltrés», pense un journaliste de la Capitale. En effet, on se souvient que des militaires putschistes passés en exil il y a quelques semaines avaient annoncé un changement de mode opératoire, après leur coup d’Etat manqué en mai dernier. «Toutes ces actions dans le pays, nous en sommes à l’origine, avait déclaré récemment le général chef des putschistes dans une interview donnée à une chaîne de télévision du Kenya, en évoquant des attaques à la grenade à Bujumbura. Et nous allons les intensifier, jusqu’à ce que Nkurunziza comprenne que nous sommes là pour lui faire accepter par la force de laisser tomber son troisième mandat.»
D’autres personnes évoquent des tensions au sein même des forces de sécurité, toujours fracturées par leurs anciennes loyautés. «Le général Adolphe Nsimirimana était l’une des bêtes noires de tous ceux qui se sont opposés au troisième mandat de Nkurunziza, reconnaît Vital Nshimirimana, président du Forum pour le renforcement de la societé civile (Forsc), un mouvement de défense des Droits de l’homme. Nous ne pouvons que regretter l'assassinat en pleine rue, d’un citoyen burundais. Le gouvernement montre encore une fois son incapacité à assurer la sécurité dans le pays.»
« C’est un message fort envoyé au président. Ceux qui ont tué Adolphe Nshimirimana lui font savoir que s’il s’obstine, il sera le prochain, pense Thierry Vircoulon, directeur de l’International Crisis Group (ICG) pour l’Afrique centrale. " Cela montre aussi que, tant du côté du pouvoir que d’une partie de l’opposition, on est dans une logique d’escalade et de violence ».

Attentat contre l'Opposition
Le lendemain, c'était au tour des opposants au troisième mandat de recevoir la riposte du camp présidentiel.
Un leader de la société civile, Pierre-Claver MBONIMPA, président de l'Association pour la protection des droits humains et des personnes détenues (Aprodh), opposé à l'idée du troisème mandat, a été l'objet d'un attentat dans la soirée, attentat dont il a échappé par miracle. Deux personnes à moto ont tiré sur lui puis ont pris la fuite. Le leader de la société civile a été sérieusement blessé à la mâchoire et à la gorge par les balles. Son état est préoccupant, mais son pronostic vital n'était pas engagé. Emmené à l'Hôpital, sa famille et ses amis craignaient qu'il ne soit achevé à l'établisssement de santé et ont demandé la protection des diplomates accrédités à Bujumbura. Appel entendu : immédiatment l'Ambassadrice des Etats-Unis à Bujumbura et le représentant américain dans la région des Grands Lacs lui ont rendu visite sur son lit d'hôpital.
C'est dire que les Etats-Unis et Barack Obama suivent les choses avec un grand intérêt.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article