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 Mediatop1 Chroniques de Noël Ngabissio

Mediatop1 Chroniques de Noël Ngabissio

Noël NGABISSIO, journaliste indépendant, analyse et commente l'actualité politique et économique française, africaine et internationale

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Réformer la France sans toucher aux situations acquises ? Mission impossible pour Hollande et Macron

Chroniques de Noël N. Ngabissio (Mediatop1) — Economie
Notre beau pays passe son temps, à Droite et à Gauche, à vanter la bonne santé économique de l'Allemagne, première puissance européenne aujourd'hui. Une excellente santé insolente basée notamment sur les grandes réformes effectuées voici un peu plus d'une décennie (de 1998 à 2002) par le Chancelier socialiste Schroeder.
Des réformes qui ont fait mal bien sûr, notamment sur le plan de ce que l'on appelle les acquis sociaux des travailleurs et que les syndicats outre-Rhin ont vilipendées...
Mais, voilà, si elles ont fait mal - ce qui est vrai - il y a un peu moins d'une quinzaine d'années, elles se sont avérées tout à fait bienfaisantes et positives aujourd'hui : preuve que les douloureuses réformes d'aujourd'hui sur le travail, les salaires, sur la Retraite, les prélèvements sociaux et les prestations sociales sont les avantages (compétitifs) de demain.

Nous, de ce côté-ci du Rhin, nous sommes sûrs de nous. Nous avons un grand pays, patrie des Droits de l'Homme et du Citoyen depuis 1789, co-fondateur et co-leader de la construction européenne depuis la Ceca et Jean Monnet. Un grand pays où rien, absolument rien, ne doit bouger.

Un grand pays qui n'accepte jamais la moindre réforme. Pourquoi avons-nous peur des réformes ? Si on se fie à notre Droite conservatrice - dont un Général français bien connu disait ouvertement qu'elle est " la plus ... du monde " - voire obscurantiste et hypocrite, qui domine le paysage politique et le pays depuis Pétain, toute réforme est redoutée comme un dangereux chamboulement total du paradygme de la société française qui doit être, on ne sait pourquoi, immuable et millénaire.

Depuis les années Giscard pour ne pas remonter à Mai 1968, on a assisté à de véritables chounamis sociaux, énormes vagues de protestation soulevées par les réformes de Simone Veil avec la Loi sur l'Avortement, par Alain Savary avec la loi qui visait la création d'un « grand service public unifié et laïque de l'Education nationale » dit « grand SPULEN» qui faisait partie des 110 propositions pour la France1 de François Mitterrand, où on a vu l'ancien Président de la République Valéry Giscard d'Estaing, l'ancien Premier ministre Jacques Chaban-Delmas et maire de Paris Jacques Chirac défiler dans la rue, par Martine Aubry avec a Loi sur les 35 heures (si on se calait sur la Droite et l'Extrême Droite françaises, on en serait encore à travailler 55 heures par semaine comme sous Léon Blum en 1936 avec le travail des enfants ...), plus récemment par Christiane Taubira à propos de la Loi sur le Mariage pour Tous, sur laquelle tous les obscurantismes religieux ou sociaux et tous les préjugés religieux ou racistes d'une Droite hyper-conservatrice se sont donné rendez-vous.

Et voilà aujourd'hui le projet de Loi d'Emmanuel Macron pour réformer l'économie et relancer l'activité en France, qui soulève des tempêtes conservatrices, à Gauche et à Droite, avant même d'être présentée au Parlement et d'être discuté, à un moment où justement, nous sommes face à un péril grave, le chômage larvé qui fait dans l'incrustation.

Les choses sont simples, soit on fait bouger, on secoue un peu les choses, soit on croupit encore pendant les dix prochaines années dans notre médiocrité économique et compétitive, sans croissance, mais avec tout ce que cela comporte de délocalisations, de déficits commerciaux, de plans sociaux et de chômage. Les enjeux sont vitaux.

La Gauche " frondeuse ", bien pensante et l'Extrême Gauche pense qu'il suffirait de mener une politique de relance keynésienne en injectant massivement de la monnaie dans l'économie française par des déficits budgétaires laxistes et relancer ainsi la Demande (Consommation plus Investissement) dans le pays. Il s'ensuivrait automatiquement une amorce de croissance qui rapidement va créer des embauches.

C'est vite oublier que la Confiance joue un grand rôle dans l'activité économique, confiance au niveau national, au niveau européen et international. Il n'est pas du tout sûr qu'avec le degré de confiance que suscite notre pays aujourd'hui vu son endettement (80 % de son PIB) et son déficit budgétaire (de l'ordre de 4,5 % du PIB), les investisseurs internes ou extérieurs se bousculent parce que la consommation est artificiellement boostée. Alors le projet d'Emmanuel Macron essaye de " raboter " partout où cela peut générer des marges de manoeuvre pour grapiller quelques milliers d'emplois nouveaux, à savoir la " libération " (l'ouverture), le dévérouillage des emplois sur-protégés, véritables rentes de situation (quel est le revenu mensuel d'un notaire par rapport à celui d'un cadre qui a plus de diplômes que lui ?) - auxquels les bénéficiaires privilégiés tiennent ferme - et des monopoles à vie que tous les rapports d'experts dénoncent depuis plusieurs années, monopoles obsolètes aujourd'hui pour certains métiers tels que les notaires, les huissiers de Justice, les taximen, les pharmaciens, les propriétaires de cars de transport, etc..., l'extension du travail du Dimanche à 12 semaines (12/52) par an au lieu de 05 aujourd'hui) qui a l'air de soulever un véritable tollé auprès d'une certaine Gauche, soit-disant solidaire des travailleurs qui y voit un véritable atteinte au modèle social français et ses acquis (?). Toujours sans nuances !

Certes faudra-il procéder avec beaucoup de tact et une volonté affirmée de dialogue et de concertation. Faire bouger les choses est toujours inacceptable pour ceux qui bénéficient de quelques privilèges centenaires... Une libéralisation et une ouverture massive et subite pourrait aboutir à des injustices réelles et à des faillites dans certains secteurs, les taxis notamment. Donc il faudra y aller avec doigté, dans la concertation, envisager des compensations ou des indemnisations pour ceux qui acheté des licences à prix prohibitif. Il faudra naturellement écouter les uns et les autres qui n'ont pas forcément tort. Des compromis sont possibles. Alors, arrêtons des fatwa définitives sur le projet de Loi Macron...

Néanmoins on ne peut pas demander au gouvernement de la France et au Président de la République de pratiquer l'immobilisme total pour ne pas toucher aux intérêts et privilèges des uns et des autres et en même temps leur reprocher de ne pas réformer la France !

Il faut laisser ce jeu dangereux à la Droite politicienne et à l'Extrême Droite qui s'oppose par principe à tout changement prôné par le Gouvernement afin de continuer à engranger les bénéfices de la misère des Français confrontés au chômage.

En quoi, le travail du Dimanche sur 12 semaines au lieu de 05, travail qui inclut aussi celui, par exemple, des étudiants chez Ikéa - qui peuvent ainsi payer leurs études - est une renonciation sociale, Nom de Dieu ???

Il faut que la France respire et lève ces blocages qui profitent à quelques-uns seulement.

Noêl N. NGABISSIO

Journaliste et Professeur d'Economie

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